Ou comment l’auteur se dévoile sur ses problèmes psychologiques.

N’étant pas blogueuse de profession, ni de formation d’ailleurs (ça existe les bacs +3 blogueur?), je suis en train d’apprendre toute seule comme une grande à créer un blog et faire en sorte qu’il soit plutôt drôle, mignon, intelligent, vif et attractif. Un peu comme moi quoi.

Et figure toi qu’il y a des milliards de choses à apprendre et à maîtriser: comment traquer les adresses IP et savoir qu’on a lu mon blog 24 fois en Croatie en une soirée, comment rendre mes photos moches moins moches, comment tripler la fréquentation de mon blog sans avoir à foutre une photo de moi à poil; je vous en passe des vertes et des pas mures.

Cependant, un conseil revient régulièrement et m’interpelle plutôt.

Faire du storytelling.

Et non pas du Tori Spelling (clique sur le lien, ça vaut le coup), qui n’est autre que Donna, personnage particulièrement insupportable dans feu Beverly Hills et qui n’a RIEN A VOIR dans l’histoire. Qu’on se le dise.

Alors qu’est ce que le storytelling me demandes tu? Et bien c’est l’acte de raconter son histoire, sa vie, son œuvre, et si possible (petite astuce de bloggueur) en se dénigrant un petit peu. Parce que faudrait pas NON PLUS que tout le monde soit jaloux de notre talent extrême (mais est-elle donc vraiment parfaite? réponse: oui).

C’est quand même mieux si tu racontes que quand t’étais petite, tes copines t’appelaient Hitler (plus ou moins en secret) car tu aimais un peu trop leur donner des ordres (ou était-ce à cause de ma petite moustache? je ne préfère pas savoir). Ça crée du lien tout de suite, n’est ce pas? Hitler, les secrets, la moustache, tout ça sont des choses qui rassemblent, forcément.

Mais là je t’arrête tout de suite: c’est hors de question que je déballe ma vie privée pour tes beaux yeux. Je te ferai remarquer que si j’ai commencé ce blog, c’est parce qu’on m’a récemment fait remarquer que je ne vivais pas assez dans la réalitéAprès tout, quand à 26 ans tu:

  • enchaînes les histoires merdiques es célibataire 

  • vis en colocation depuis ta naissance

  • es au chômage car tu veux te reconvertir mais tu sais pas très bien dans quoi encore

ben, il y a pas grand chose à fuir.

Alors oui, les plus réalistes d’entre vous me diront que ça pourrait être pire. Oui, je pourrais être cul de jatte, borgne, analphabète et être née dans un bidonville à Caracas, d’une mère prostituée séropositive et d’un père fan de tunning.

Ouais. (smiley dubitatif)

OU j’aurais aussi pu naître dans la famille Chedid et être une excellente musicienne, tout en étant un savant mélange de Pénélope Cruz, Scarlett Johansson et Maïté (rapport à la cuisine). J’aurais peut-être été une dessinatrice hors pair et probablement une merveilleuse ventriloque.

Tout est une question de point de vue, tu me diras.

Mais étant donné que je suis quelqu’un qui accepte remarquablement bien la critique et qui est toujours dans une démarche d’amélioration continue (#leanmanagement), j’ai donc pris note. Après une semaine de réflexion intense qui m’a semblé être la traversée de l’antarctique au mois de juillet (peu importe le mois, c’est toujours difficile paraît-il), créer un site web m’est apparu être la solution la plus censée à mon problème. Qu’y a-t’il de plus réel qu’internet? S’il y a bien un endroit où on ne peut masquer son identité et s’inventer une vie, c’est bien sur la toile, comme disent les jeunes.

Ceci dit, j’adore m’inventer des vies moi.

Certains matins, je me lève et imagine être la nouvelle Beyoncé française. Shy’m ou Diam’s, si tu préfères. Je vis encore un peu dans l’anonymat (dieu merci) mais, déjà au réveil, je me sens investie d’une mission divine: faire bootyshaker la terre entière. Je saute du lit et commence ma journée par un smoothie détox (#healthygirl) pour m’aider à me séparer de ces vilaines toxines (heureusement, je n’en ai pas beaucoup: je suis vegan et je ne bois pas d’alcool). Je demande donc à mon coach de me préparer ce délicieux breuvage: concombre, chou frisé, épinard, avocat, brocoli et un peu de jus de citron pour adoucir le tout. Je l’interroge également sur le planning de la journée: quand ai je rendez-vous avec Vogue? M’a t’il pris un rendez-vous chez le coiffeur et l’esthéticienne comme je le lui avais demandé? Quand démarre notre prochaine séance de crossfit? (#nopainnogain) Ai-je reçu des déclarations d’amoureux transis pendant la nuit? 

C’est alors que la réalité me rattrape au galop tel un cheval sauvage, quand mon coach coloc me regarde avec de grands yeux et me traite de folle-dingue en prenant son téléphone pour appeler l’hôpital psychiatrique le plus proche.

Et c’est vrai que, quand je me regarde dans la glace, je vois plus Marie-Françoise, la cousine Bretonne de Beyoncé après la semaine de la fête de la crêpe et quelques centaines litres de cidre dans le cornet, que la nouvelle Beyoncé française.

Ne rêve pas ta vie, vis tes rêves qu’ils disent.

Et bien pour ma part, je pense que je vais retourner me coucher.