J’avais vraiment envie depuis un petit moment de te faire découvrir les talents de ma super copine Laure du blog Les Aventurières. Elle aide les femmes à se reconvertir et à trouver leur voie/x avec un sens de l’humour décapant et une intelligence folle. Aujourd’hui, elle te raconte ses aventures dans le monde incroyable, merveilleux et ultra flippant de l’entrepreneuriat.

Camille me fait l’honneur de m’inviter sur son blog, je suis donc ravie de raconter un bout de mon histoire ici, et de l’agrémenter de gifs, comme le veut la tradition.

S’il existait des tests de personnalité pour savoir si tu es fait pour l’entrepreneuriat, j’aurais probablement échoué à tous les niveaux. Je m’appelle Laure, j’ai étudié les relations internationales (bac +5 mention chômage), je suis une Aventurière froussarde, et je déteste me lever le matin. Déjà d’après la ‘sagesse populaire’ ça commence mal.  Mais ce n’est pas tout : je suis extrêmement désorganisée, rarement ponctuelle et j’ai vraiment vraiment besoin de comprendre pourquoi je fais les choses sinon c’est impossible pour moi de les réaliser. Mon cerveau estime que ’faire de l’argent’ n’est pas une raison suffisante pour se bouger le train, sinon je serai probablement encore salariée à gravir les échelons d’une échelle imaginaire.

Si j’avais un nom de super-héroïne, ce serait Super Lève-Tard, ou Procrastinator.

Pourtant en janvier 2015, j’ai quitté la sécurité douillette du salariat, et je me suis lancée en solo, avec un projet plus ou moins défini en tête. Comment fait-on pour monter sa boîte quand tes seuls super pouvoirs sont ‘l’attaque sommeil de Plomb’ et le pouvoir de transformer n’importe quel coin rangé en un bordel innommable en moins de 30 minutes ?

Je te dis tout ce que j’ai appris.

1. A force de rentrer dans le moule, on devient une tarte

Je ne peux pas te dire comment réussir sans te connaître, parce que la réussite doit être une aventure ULTRA personnelle.

Par contre si tu veux te planter, il y a une méthode infaillible. Elle se résume à deux points :

Etape 1 : se comparer à tout le monde (et se sentir aussi nulle et non avenue qu’une crotte de pigeon sur un pare-brise tout propre)

Etape 2 : copier tout le monde et faire les mêmes produits et le même marketing qu’eux, vu qu’ils ont tout compris à la vie et que leurs cheveux sont scintillants

C’est dur, tellement dur de résister à la panique quand tu vois d’autres personnes qui font des choses similaires et qui ont l’air d’avoir absolument tout bon quand tu galères avec un site moche, trois abonnés sur ta newsletter et zéro client au compteur. Mais c’est exactement le moment où il ne faut pas céder à l’envie de copier. Fais à ta façon. Tu ne montes pas une boîte pour faire comme tout le monde. Tu montes une boîte pour être fière de ce que tu fais et que ça te plaise. Tout le monde fait des cours en ligne et tu détestes ça ? Ne le fais pas. Tes concurrents ont TOUS un ‘ebook gratuit’ pour s’inscrire sur leur newsletter, mais l’écriture, c’est vraiment pas ton truc ? Ne le fais pas.

A chaque fois que j’ai fait un truc qui ne me ressemblait pas, ça n’a pas pris, et ça m’a coûté beaucoup de temps et d’énergie pour le faire aboutir.

En une ligne : écoute toi et le ciel t’aidera. Ou un truc du genre.

 

2. La trouille fait partie du package (que tu décides de monter ta boîte ou non)

J’ai perdu des années à m’auto-flageller pour mon manque de courage et mes trouilles diverses et variées, avant de découvrir que tout le monde a peur, et que la peur est même un allié précieux par moments (J’ai écrit un article là dessus: La peur qui m’a sauvé la vie).

La peur est normale, elle fait partie de la vie. Elle est même indispensable. En ce qui me concerne, je ressens deux types de peur : la peur irraisonnée, type panique, qui m’indique que quelque chose ne va pas et qu’il faut que je m’occupe de moi urgemment. Et la peur qui est un peu teintée d’excitation, où je me dis ’t’imagines si je pouvais faire ça ?’, en même temps que ‘mais non c’est de la folie’. Celle là me donne la direction dans laquelle je dois aller. Les deux sont utiles, et les deux sont présentes chez tout le monde. Les gens qui ont l’air de ne pas avoir peur mentent. Si tu leur demandes, tu pourras d’ailleurs découvrir que l’éventail des peurs humaines est infini et très surprenant. Avoir peur c’est être humain. Ce n’est certainement pas une raison de ne pas te lancer. 

La peur, c’est une question d’éducation (c’est pas moi qui le dit, c’est Susan Jeffers dans ses bouquins qui sont merveilleux). Même les trouilles les plus absurdes ont quelque chose à nous dire : ‘Ralentis’, ‘Ne prends pas ce contrat’, ‘Fais ce voyage toute seule’ ‘Fais comme tu as envie, même si ça ne leur plaît pas’. Apprendre à causer avec sa trouille, ça prend du temps, mais c’est tellement utile. Ça devrait être enseigné à l’école.

En une ligne : ne pas avoir peur, c’est le signe que tu es une psychopathe, pas une héroïne.

 

3. L’entrepreneuriat, c’est un exercice de maths pas super compliqué

Est-ce que quelqu’un pourrait m’enseigner quelque chose d’utile comme faire ses comptes ?’

Une erreur qu’on fait souvent, c’est de ne pas faire un exercice de maths tout bête. Imaginons, que j’aie besoin de 24000 euros par an (en comptant les charges, les taxes etc). Je veux vendre un cours vidéo à 30 euros. Il faudra que j’en vende 800 pour gagner mes 24000 euros. C’est ÉNORME. Trouver 800 personnes qui ont besoin de ce que tu vends ET envie de te donner de l’argent, c’est très long.

A l’inverse, si tu développes une offre de travail en personne, sur plusieurs mois, avec beaucoup de travail individuel, à 2000 euros, il te faudra 12 personnes qui sont prêtes à investir pour ce que tu offres (je sais, je sais, je me la pète, j’ai un Bac S). Contrairement à ce que tu pourrais penser, c’est infiniment plus faisable de trouver 12 personnes qui veulent bosser en perso avec toi quelques mois pour 2000 euros, plutôt que des centaines qui sont prêtes à te donner 30 euros pour un ebook (‘Quoi? 30 euros, mais c’est super cher pour un doc pdf!!!’ je les entends d’ici)

Fais cet exercice quand tu crées quelque chose, non pas pour te censurer (je vends des produits à 30 et 40 euros), mais pour avoir des attentes réalistes et ne pas te mettre des œillères concernant ce dont tu as besoin pour vivre de ta passion.

En une ligne : do the maths.

 

4. Se vendre soi-même, ça craint grave

Quand j’étais gosse, j’adorais jouer à la petite marchande. Quand j’ai bossé dans la restauration, j’étais hyper fière de conseiller les gens sur les vins que j’aimais (NOTE DE CAMILLE: J’aime le vin j’aime pas mon job, c’est son idée!), et j’avais l’impression de gagner à la loterie à chaque fois que quelqu’un laissait un pourboire ou un commentaire sur Yelp pour dire que le service était génial.

Et puis un jour, j’ai du vendre les Aventurières.

J’ai du me mettre à parler de  services et de produits que je développe moi-même. Et trouver des gens que ça peut aider, puis les convaincre que ça vaut le coup d’investir leur argent durement gagné sur quelque chose que j’ai créé, avec mes petites mains.

La première vente est un exercice schizophrène : tu es à la fois hyper excitée que quelqu’un te fasse confiance et en même temps tu as l’impression que tu viens de lui demander de vendre son dernier rein valide pour te payer. 

Heureusement avec le temps ça passe, et je trouve que c’est une bonne chose aussi : avoir du mal à se vendre, c’est prendre l’argent des autres au sérieux, et avoir envie de leur fournir des contenus et des produits de qualité en échange. Je trouve ça plutôt sain.

Ce qui compte, c’est de faire les choses comme toi tu le sens, et de vendre d’une façon qui te fait plaisir, pas d’une façon qui te donne l’impression d’être un membre de cette famille ultraaaaa naturelle dans une mauvaise pub pour des couvertures en pilou pilou.

En une ligne : se vendre la première fois, c’est comme s’arracher un bras. Ça fait mal mais ça passe, et il te reste toujours ton deuxième bras.

Si tu veux aller plus loin, j’ai préparé un petit questionnaire pour répondre à cette brûlante question : « Comment savoir si c’est la bonne idée pour me lancer ? ». Tu peux le télécharger sur www.lesaventurieres.com/labonneidee.