« Fais toujours ce que tu as peur de faire ».

(traduction approximative)

C’est quoi ce sentiment de peur qui empêche de faire, au final ? La peur de quoi, hein?

Peur d’agir.

Peur de mal faire.

Peur de se tromper.

Peur de l’échec.

Peur du changement.

Peur de réussir. Et de devoir recommencer. Et de ne pas y arriver.

Peur d’obtenir une réponse qui ne correspond pas à ce que tu souhaites voir/entendre. Ce que tu as fantasmé.

Peur du jugement. Des autres. Et de toi-même.

Peur de regretter.

Peur de te foutre dans la merde.

Peur d’apercevoir des choses que tu n’avais pas soupçonnées.

Peur de l’inconnu.

Peur de la solitude.

Peur de la peur.

Peur d’être confronté à ta propre médiocrité.

Peur de l’effort à fournir.

Peur des contraintes.

Peur de décevoir. Les autres. Et toi même.

Peur de la montagne que ça représente, là, tout de suite.

Peur d’être nul.

Peur de ne pas y arriver du premier coup.

Alors qu’au final, quand t’y penses, la peur, elle apporte jamais de réponses.

Elle plonge dans l’inaction.

Elle engourdit.

Elle empêche d’exister.

Elle immobilise dans une situation qui n’est pas confortable. Voire merdique.

Elle tourmente.

Elle manipule.

Elle pose beaucoup de questions et n’apporte jamais de réponse.

Elle trouve des excuses.

Elle te fait mal au ventre. Au cœur. Et à la tête.

Elle te coupe de ce que tu veux vraiment.

Elle te tire vers le bas. Te fait reculer.

Elle est totalement irrationnelle parfois.

Elle te fait sentir inutile, faible, fragile et incapable.

Pourquoi faudrait-il agir, parfois, toujours même, malgré la peur ?

Parce que l’action t’apporte des réponses, elle.

Elle t’oblige à prendre des décisions. Te fait acquérir de l’expérience. Elle t’oblige même à te tromper, pour que tu apprennes, justement. Ça fait partie du jeu. C’est comme ça qu’on avance, qu’on construit notre chemin. Qu’on réfléchit, en tirant des conclusions sur ce qu’il vient de se passer, une fois qu’on a beaucoup plus de cartes en main. Aucune route n’est tracée. C’est l’action qui crée notre trajectoire. Et la peur, elle, un jour, elle diminue. Parfois même, elle s’en va. Petit à petit. Jusqu’à la prochaine fois. Et tu recommenceras, tu agiras, car tu auras appris que c’est comme ça qu’on avance, toujours, et ce, même avec la peur au ventre.

Et toi, tu ferais quoi si tu n’avais pas peur ?

Moi, je nagerais là où je n’ai pas pied. Je sauterai même dans les vagues, à l’océan.

J’écrirais des livres. Des romans drôles. Des histoires moins drôles. Qui ne me ressemblent pas.

Je conduirais. Des vélos. Des scooters. Des voitures, même.

J’apprendrais le ukulélé et je ferais pas semblant de chanter mal.

Je ferais moins de grimaces sur les photos, pour voir si j’ai une jolie tête.

Je dirais à mes proches que je les aime. Et aux autres aussi.

Je ferais des projets artistiques. Je te prendrais en photo, tout le temps.

J’organiserais une révolution pacifique pour renverser le système.

Je changerais le monde.

Les copines du groupe « J’aime le vin, J’aime pas mon job » sur facebook, elles aussi, elles feraient des tas de trucs si elles flippaient pas.

Elles feraient du parapente, même du parachute.

Elles prendraient des cours de théâtre, elles écriraient de la poésie et chanteraient devant tout le monde.

Elles se marieraient. Feraient des enfants.

Elles feraient des conférences devant des tas de gens pour parler de ce qui les anime.

Elles iraient démarcher des clients.

Elles entreraient dans des petites boutiques alors qu’il n’y a que la vendeuse à l’intérieur. Et resteraient même si elles savent qu’elles ne vont rien acheter.

Certaines prendraient toutes les drogues qui existent. Pour voir.

Elles nageraient avec des requins et feraient des calins à des animaux super super dangereux.

Elles feraient des sites web avec leurs photos, et même leurs textes.

Elles enverraient bouler leurs boulots merdiques et leurs chefs tyranniques.

Elles vivraient sans craindre le regard des autres.

Elles vivraient pour elles.

Ça te donne pas envie de l’envoyer chier la peur toi, quand tu vois tout ce que les gens, toi y compris, feraient, sans elle ?