J’adore aller au musée.

Enfin, j’adore L’IDEE d’aller au musée. En pratique, quand j’y suis, je souffre d’un trouble de l’attention au bout de 45 secondes, je comprends pas forcément toujours tout et j’ai souvent soit envie de boire, soit envie de faire pipi (conséquences terribles de la première envie).

Ce que  j’aime avec le musée, c’est la façon dont je me sens quand j’y suis. C’est l’image qu’il y a derrière: la culture, l’histoire, l’ouverture sur le monde et sur les autres, l’intelligence, la créativité… Autant de concepts condensés dans un seul et même lieu: ça me plaît. Ça me plaît d’autant plus quand j’ai pris une cuite la veille* et que j’ai tout de même réussi à m’extirper (douloureusement) de mon lit pour être au musée à 12h30. Une sensation de fierté ultra puissante, genre « j’agis pour mon être », surtout quand un de mes potes m’appelle à ce moment là. Je décroche avec une petite voix qui se veut discrète, et j’entends « Ha ha ha!!! T’es encore au lit? » « Non, je suis au musée ». BIM. DANS TA FACE DE BONIMENTEUR!

Bref, fin de l’auto-congratulation.

Je débarque donc à 12h30 pour une visite guidée organisée pour les blogueurs (d’ailleurs si ça te dit d’y aller, ils sont toujours chauds pour accueillir de nouvelles personnes). J’ai été invitée par la très impressionnante Clarisse du blog Les Créativantes, des femmes qui vivent et qui créent: une femme exceptionnelle, avec un regard puissant et une énergie positive ultra communicative. Je ne pouvais pas ne pas y aller. Surtout que je voulais vraiment faire cette fameuse expo Matisse, même si j’aurais été incapable de différencier Matisse au milieu d’une foule d’autres peintres.

Clarisse, de dos, bien cachée

Clarisse, de dos, bien cachée

« Bonjour, je me fais chier avec mon clavicorde »

Parce que oui. Parlons-en de mon amour pour la peinture.

Très franchement, entre nous, la peinture me laisse autant insensible que le dernier mec qui m’a brisé le cœur. Je peux pleurer devant une photo, être touchée par un croquis tout mignon, et ressentir autant d’émotion que devant un Derrick quand je me retrouve face à une joueuse de clavicorde, par exemple.

C’est dans ce contexte là que je débarque à l’exposition Matisse samedi dernier (tout ça pour en arriver là, je sais).

Première surprise: ils posent des questions pendant la visite guidée…

Et merde! Je vais être démasquée en tant que grosse nullasse au bout de 2 minutes, ils vont me mettre un petit bonnet d’âne, je vais devoir rester à côté du guide pendant tout le long de la visite et les autres visiteurs vont pouvoir me jeter des petits cailloux au visage dès que je répondrais mal. Great. Il se trouve que rien de tout ça au final (c’est pas plus mal), parce qu’une petite fayotte de 8 ans avait toutes les réponses. Bon ok. Trois bonnes réponses. Mais quand même. Garce. Je lui ai donc fait un croche-patte plus tard, histoire de me venger.

Dès le début de la visite, on apprend comment Matisse est tombé dans la peinture: après une opération de l’appendicite étant petit, sa mère lui offre une boite de peinture, et tout d’un coup, l’enfant décide que se sera sa destinée. Ma copine Alizée, quand elle a eu l’appendicite, elle a eu une gameboy. Elle est pas pour autant une des plus grandes gameuses du pays… Je me sens un peu roulée sur cette première anecdote. Surtout quand je vois le premier autoportrait de Matisse. Trait pour trait mon premier dessin en maternelle. Je te jure.

autoportrait Matisse

Un des premiers autoportraits Matisse

Au fur et à mesure, je réalise qu’en fait, les visites guidées, c’est pas si mal.

On y apprend des tas d’anecdotes croustillantes à ressortir habilement en société, comme le fait que Picasso jouait aux fléchettes sur une des toiles que lui avait offerte Matisse. Ou encore que les peintres sont quand même les précurseurs de la résistance à l’échec et que c’est quand même vachement mieux d’être mort pour être riche de son art. Est ce que certains ont été tentés de dissimuler leurs morts comme Michael Jackson, Marilyn Monroe ou Carlos pour vivre sur une île déserte et toucher un petit pactole?

Très vite, alors que notre guide, aussi appelé Médiateur, met ses doigts sur toutes les œuvres – aucun respect pour l’art ce bonhomme – et nous instruit d’un milliard de choses, je m’interroge. Comment peut-on savoir autant de choses sur Matisse? Et sur la peinture, de manière générale? Quelle vie peut bien mener cet homme? Est ce que sa blague préférée c’est aussi la différence entre une pastille de menthe et un anus? (réponse= le goût) A quoi jouait-il quand il était petit? Combien de fois par jour il utilise le mot symbiose? Sa culture m’impressionne tellement que je ne l’écoute plus et commence à divaguer dans les salles.

Clairement, j’ai des troubles de l’attention.

Je suis vite perdue par les termes techniques et on va pas se mentir, mon niveau d’alcool encore élevé n’arrange rien. Je laisse tout de même mon oreille pas trop loin de notre médiateur qui tout à coup, décide de couper court aux quolibets incessants.

NON, Henri Matisse n’a pas eu de relations extra-conjugales avec Laurette, Henriette et Antoinette. Excuse moi mais il ne faut pas non plus jeter la pierre à Madame Matisse: son mec passe le plus clair de son temps à dessiner et peindre des femmes qui sont pas toujours ultra habillées. Je peux comprendre d’où viennent ses interrogations. Madame Matisse aura le malheur de lui demander de choisir entre elle et Lydia, une femme qu’il peint de plus en plus. Henri y voyant un signe, et se disant qu’au final Lydia, c’était plus que Lydia: c’était le monde de la peinture tout entier qu’elle représentait, décide donc de choisir… Lydia. Et merde. La leçon à tirer de cette histoire: se barrer avant de poser l’ultimatum.

Notre visite prend fin après 2 heures d’histoires et d’éclaircissements de tout un tas de choses pour les nuls néophytes dans mon genre. Je ressors pleine d’idées, avec une envie profonde de prendre exemple sur l’artiste et de persévérer dans mon art (raconter des conneries). Pour finir, je traverse le sublime parc du musée, et vraiment, je suis contente d’être venue.

En bref: merci le musée des Beaux-Arts! Tu retrouveras plus d’informations et de photos sur leur site et leur instagram.

 

 

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Consomme avec modération petit sacripan!